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Histoire et Patrimoine

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Patrimoine

Quelques pages d’histoire…


Des origines au Moyen-âge



Une charte de 768 fait apparaître le nom de Rumbelitum. Un autre acte de 1153 évoque celui de Ranbolitum et mentionne la présence d’un château, au contact duquel le bourg attenant se développe. Une église est déjà attestée en 1052-1053, et en juin 1230 des défrichements sont organisés dans le massif de la forêt d’Yveline. La paroisse est alors peuplée de bûcherons, de fagotiers et de sabotiers.

Représentant d’une famille qui conservera le château pendant près de trois siècles (jusqu’en 1666), Regnault d’Angennes, par échange avec Guillaume Bernier, prend possession de Rambouillet en 1384. Il décrit son nouveau domaine à Jean de Craon, le seigneur voisin des Essarts : « Un hostel fort, clos de fossez, contenant un arpent. Une cohue où se tiennent les plaids et assises. Un jardin de deux quartiers ; un réservoir à poissons d’un quartier ; au-dessous, un quartier de pré qui doit être fauché à corvée par les habitants de Rambouillet ; de l’autre côté dudit hostel, un jardin d’un arpent. Au-dessus dudit hostel, un estang de Rambouillet, contenant cent arpents, et garenne pour tout le dit estang. Et si la chaussée vient à manquer, les habitants sont tenus de venir au secours, sous peine d’amende. Au-dessus dudit étang, un moulin bannier à tous les habitants ».


Le beau 16e siècle

Attirés par la forêt, différents souverains sont reçus au château par leurs vassaux. Le 31 mars 1547, François Ier y meurt.



Sous la Renaissance, les d’Angennes font poser l’escalier à noyau triangulaire voûté de briques et pierres. Ils aménagent aussi une grande salle aux parois de marbres languedociens, ultérieurement modifiée dans sa partie supérieure. Présents dans la vie paroissiale, ils ont leur enfeu dans la petite église Saint-Lubin, aujourd’hui disparue. Enfeu d’où provient la statue en marbre blanc de Nicolas (visible à l’hôtel de ville), vice-roi de Pologne, chargé du couronnement d’Henri III à Cracovie.

La paroisse du 17e siècle, composée de 800 à 900 habitants entre 1642 et 1669, compte 3 à 15 mariages par an, 19 à 48 naissances, 20 à 40 morts.

La Fronde verra le nombre de décès culminer en 1652, avec 93 disparus.
 



Le siècle de Louis XIV

La grande artère qui traverse le bourg à cette époque préfigure le tracé actuel du centre ville, et celui précisément des rues du Général-de-Gaulle et Raymond-Poincaré.

Couvertes en tuiles ou en chaume, les maisons se distinguent par leur enseigne (le Cheval Rouge, la Truye qui file, le Heaume, l’Ecu, la Rose Blanche, le Mouton, le Cygne, le Lion d’Or, les Quatre Fils Aymon, la Croix Blanche, l’Image Notre-Dame, le Cheval Blanc, les Trois Rois, l’Image Saint-Jacques, le Chef Saint-Jean, le Dauphin, la Corne).

Érigé en marquisat en 1612, le domaine revient à Julie d’Angennes, fille de Charles d’Angennes et de Catherine de Vivonne dont elle anime un temps le salon parisien de l’hôtel de Rambouillet, rue Saint-Thomas du Louvre.

Son mariage avec Charles de Sainte-Maure, duc de Montausier, le 13 juillet 1645, ne laisse pas imaginer les travaux prestigieux dont bénéficie le vieux castel de Rambouillet entre 1650 et 1660. François Le Vau travaille à l’aile du châtelet, disparue de nos jours, et la cour d’honneur est ouverte sur les perspectives du parc par la démolition de la muraille reliant l’ancienne porterie à la grosse tour. Le démantèlement du rempart urbain, cette simple muraille sans flanquement que l’on croit pouvoir dater du 16e siècle et expliquer par l’insécurité des Guerres de Religion, semble effectif à la même période.

A proximité du château, Montausier fait creuser un canal par Jean Roger et Jacques Chavanne, cureurs de rivière, selon les préceptes de Jacques Boyceau de la Barauderie qui recommande d’utiliser par des pièces d’eau les endroits marécageux. Jean-Baptiste de la Quintynie, créateur du potager de Louis XIV à Versailles, intervient aussi à Rambouillet.

Après la mort du duc de Montausier en 1690, une succession difficile, aggravée par des embarras financiers, conduit les héritiers à se défaire du domaine, lequel est cédé en 1699 à Jean-Baptiste Fleuriau d’Armenonville.


L’apogée du 18e siècle

Fleuriau est un homme de la monarchie. Nommé directeur des finances en 1701, il meuble le château avec un goût très sûr et concentre ses efforts sur le parc. Mais la mainmise de Louis XIV sur l’Ouest parisien (le parc de Versailles englobe déjà à lui seul 6 000 hectares sous clôture) ne l’épargne pas, et il se trouve contraint en 1705 de céder la place au comte de Toulouse, fils légitimé du roi et de la Montespan, pour lequel le marquisat est érigé en duché-pairie en 1711.

Toulouse engage de gros travaux, une première fois en 1706-1709 sous la direction de l’architecte Pierre Cailleteau, dit Lassurance, puis de 1730 à 1736 sous l’autorité d’un second maître d’œuvre, Desgotz dit Legoux.

Dans l’aile ouest du château qu’il fait doubler, des artistes talentueux décorent l’appartement des bains, s’affairent aux somptueuses boiseries des salons d’assemblée marquées parfois des initiales de Marie-Victoire-Sophie de Noailles, comtesse de Toulouse.

Le 14 mars 1731, cette dernière fonde dans le bourg un hôpital des pauvres, confié à la congrégation des Filles de la Charité que saint Vincent de Paul institue en 1634. L’acte réglant les conditions de fonctionnement stipule que les sœurs en exercice « ne seront point obligées de recevoir ni soigner (…) les filles ou femmes de mauvaise vie, et celles qui seront atteintes du mal procédant de l’impureté ; elles ne serviront point les personnes riches, ni les dites femmes dans leur accouchement. Le chapelain, s’il y en a un, ne sera point nourri ni blanchi dans le dit hôpital et n’y aura point d’autre entrée que par la porte commune ni aucune vue sur la conduite des dites filles de la Charité ».

Le duc de Penthièvre qui hérite du domaine en 1737 poursuit l’œuvre de sa mère. Le 6 septembre 1770, à 8 heures du matin, a lieu la bénédiction de « la chapelle (…) construite dans le nouvel hôpital érigé par la libéralité de S.A.S. Mgr le duc de Penthièvre, à Rambouillet ». Les fabriques qu’il commande pour le parc anglais en 1779-1780 (l’ermitage et le pavillon des Coquillages destiné à la princesse de Lamballe), bien qu’abritant des aménagements parfois délicats et fragiles, présentent des extérieurs de maisons paysannes bâties en moellons et coiffées de toits de chaume. Cette tendance rustique rappelle que le jardin du siècle des Lumières, loin d’être uniquement un refuge, est fondamentalement associé à la propriété foncière, ainsi qu’à une réflexion sur l’économie agraire du domaine.


Un domaine royal

Epris des vertus cynégétiques de la forêt d’Yveline, Louis XVI achète Rambouillet le 29 décembre 1783. Si le Roi décide un réaménagement du jardin pittoresque par Hubert Robert et la construction en 1785 d’une laiterie pour Marie-Antoinette, il n’en formule pas moins le vœu d’une ferme expérimentale qui voit le jour en 1786, et accueille des moutons mérinos venus d’Espagne.

La chasse, si chère au Roi, n’explique qu’en partie semble t-il son acquisition. En effet, avec la paix libérant les crédits nécessaires à cet investissement, le Grand Dessein de Versailles est relancé, et dans cette perspective rendrait le palais inhabitable, ce qui obligerait la cour à se retirer… Quoi qu’il en soit, l’installation du roi à Rambouillet motive une vague d’urbanisation. Il projette de reconstruire l’église, ordonne la construction d’un hôtel du Gouvernement et d’un nouveau bailliage qui servira aussi de resserre à grains.

L’architecte Jacques-Jean Thévenin, sollicité pour tous ces travaux, dessine un bailliage dont l’implantation au cœur du vieux bourg entraîne la suppression de la halle, du relais de poste aux chevaux du Mouton, et de quelques habitations.

Les travaux de Louis XVI occupent une main d’œuvre abondante. On avance le nombre de 900 ouvriers en bâtiments, parmi lesquels un serrurier, Jacques Dablin, dont l’installation à Rambouillet témoigne directement de l’essor des chantiers royaux auxquels il est attaché depuis 1784.


La Révolution et l’Empire

Après la Révolution, la famille Bonaparte investit le château, affecté dès lors à l’utilisation personnelle de l’empereur. Amoindri par Trepsat qui jette bas toute l’aile est, pour des raisons que l’on ne s’explique pas toujours aujourd’hui, le monument a toutefois échappé au pire. Car démeublé et abandonné à la fin du 18e siècle, il a servi de dépôt à grains, jusqu’au moment où jamais il n’a paru si près de sa complète destruction. C’est une « propriété dont l’entretien est onéreux au trésor public, écrivait-on en l’an II, d’aucune utilité, se dégradant journellement et perdant de sa valeur ».

Quant au projet d’agrandissement en 1809 du Prix de Rome Auguste Famin, qui « avait pour principal inconvénient la destruction de la tour François 1er », il est heureusement oublié pour une modernisation plus tardive et modérée de l’élévation sur les jardins.


L’empereur, dont l’appartement privé renferme une salle de bains de goût pompéien signée Godard et Vasserot, demande à Famin de reconstruire l’hôtel du Gouvernement précédemment conçu par Thévenin. Un corps monumental, inspiré par les palais coffres florentins dont le maître d’œuvre reproduit la lourdeur cubique des volumes et l’art de la composition, sort alors de terre en 1809. De l’hôtel de Thévenin, Famin réutilise toutefois les deux ailes basses à usage de dépendances encadrant la cour d’honneur. A la naissance de l’Aiglon en 1811, le nouvel ensemble prend le nom de pavillon du roi de Rome (l’appellation de palais du roi de Rome est plus tardive). La partie centrale, malheureusement détruite aux alentours de 1834, s’annonçait par un porche dorique avec frise d’attributs guerriers et médaillons aux noms d’Austerlitz, Marengo, Iéna.


De la Restauration au Second Empire

Après la chute de l’Empire, Rambouillet redevient le théâtre de grands évènements. Chateaubriand, dans ses Mémoires d’outre-tombe, relate l’abdication de Charles X au château le 2 août 1830.

L’arrivée du chemin de fer, inauguré par Louis Napoléon Bonaparte en 1849, raccourcit les distances avec la capitale et intensifie l’urbanisation. Chef-lieu de canton, Rambouillet connaît durant tout le 19e siècle une poussée démographique engendrant une recrudescence de la construction, tant publique que privée. Outre l’arrivée du confort collectif (usine d’éclairage au gaz, Société d’exploitation des eaux avec distribution aux usagers), la ville se dote des édifices nécessaires à son rang de sous-préfecture (Hyppolite Blondel dessine l’hôtel de la sous-préfecture à partir de 1860), et s’étend sur le plateau, autour de la nouvelle église d’Anatole de Baudot. Albert Petit, architecte départemental, exécute dès 1888 le double projet d’un palais de justice et d’une prison aujourd’hui disparue.

Depuis la loi du 28 juin 1833 qui impose aux communes de plus de 500 habitants le soin matériel des écoles, le contexte local se montre favorable à l’apparition d’édifices fonctionnels, réservés à l’instruction primaire universelle. Auteur en 1852 du « monument (de la rue Lachaux) destiné à servir de salle d’asile, d’école gratuite de filles et de bibliothèque publique », Prosper Lemesle exprime un souci décoratif que l’on perçoit également dans le style Louis XIII brique et pierre des écoles de Trubert.


La résidence d’été des présidents de la Troisième République

L’instauration du château comme résidence d’été des présidents par Félix Faure en 1896 constitue un facteur de développement de la cité. La première gare de chemin de fer abrite un salon présidentiel, et il n’est pas rare sous la Troisième République de voir les dirigeants du pays prendre le train pour un conseil des ministres à Rambouillet. En villégiature officielle, les chefs d’État se divertissent à la chasse, perpétuant une tradition aristocratique que les bourgeois installés à l’orée du massif, parfois en périphérie urbaine, s’approprient.

Pied-à-terre de grands fusils ou villégiatures de fin de semaine, les châteaux du Petit-Parc (la Louvière), de la Grange-Colombe, du Vieux-Moulin par François-Charles Morice (1906-1909), la villa de Clairbois par Louis Quetelart (1933), évoquent le souvenir de parisiens fortunés en quête de loisirs sportifs au grand air.

Le château, retiré de la liste civile en 1832, est successivement loué au baron de Schikler et au comte Duchâtel avant d’être adjugé à un dénommé Dufour, restaurateur, qui y tient table ouverte sous la 2nde République. Le Second Empire ramène la cour, puis par un décret de 1870 le domaine revient à l’État.




De la Belle Epoque à l’entre-deux-guerres

Architecte de la gendarmerie (1881), du nouveau lavoir de Groussay (1886), Charles Trubert dessine les équipements scolaires de la Belle Epoque. Ces établissements, implantés rue Gambetta pour l’école des filles et rue Foch pour celle des garçons, déploient un vocabulaire classique, empruntant au château ou à la maison bourgeoise leur ordonnance, leurs toits d’ardoises, leur corniche à la plasticité bien marquée ou leurs chaînages d’angle.

La Revue Générale de l’Architecture et des Travaux Publics préconisait en 1852 la monumentalisation de ces commandes, dans le processus d’urbanisation des bourgades rurales.

Activement poursuivie au cours du 20e siècle, l’œuvre d’équipement s’illustre par les abattoirs (1903-1907) et l’arsenal de pompiers (1911) de Charles Trubert, par l’établissement des bains-douches (rue du général Humbert) ouvert en 1930, par le nouvel hôpital-hospice régional (1933) et la salle des fêtes (1935) de Maurice Puteaux. Quant à l’hôtel des postes signé Joseph Bukiet, il est livré en 1937. Doté d’un avant-corps central à colonnade et d’un attique, décoré de grès flammé, de mosaïques, pâte de verre et émaux, il est à la fois un exemple réussi d’académisme moderne de l’entre-deux-guerres et un monument qui, « convenant à la résidence présidentielle (…), centre estival et touristique », est intégré à son environnement.


Sur le devant de la scène politique

Le 23 août 1944, Charles de Gaulle s’entretient au château avec le général Leclerc et lui donne l’ordre de monter sur Paris. Survenue au château le 12 novembre 1955, la mort de madame Coty attriste beaucoup les Rambolitains, venus dès lors s’amasser devant les grilles pour lui rendre un dernier hommage.

Les présidents de la 5e République font de Rambouillet un haut lieu de rencontres internationales, propulsant la sous-préfecture des Yvelines à la une de l’actualité politique. Le général de Gaulle reçoit Nikita Khrouchtchev en 1960, Pompidou Léonide Brejnev en 1973. Deux ans plus tard, en 1975, un sommet économique et monétaire rassemble six chefs d’états industrialisés pour coordonner leurs efforts face à la crise qui s’impose : Gérard Ford (Etats-Unis), Harold Wilson (Grande-Bretagne), Aldo Moro (Italie), Takeo Miki (Japon) et Helmut Schmidt (Allemagne fédérale) sont ainsi accueillis par Giscard d’Estaing.

Le 29 octobre 1990, François Mitterrand s’illustre à Rambouillet avec Mikhaïl Gorbatchev pour un sommet franco-russe donnant lieu à la signature d’un traité d’entente et de coopération. Après la venue de Boris Eltsine en 1995, après celles de Nelson Mandela et de Moubarak, le président Jacques Chirac ouvre au château en février 1999 la réunion pour décider Serbes et Kosovars à un accord de paix au Kosovo.

La proximité de Paris qui facilite les déplacements, et celui notamment de Madeleine Albright, ministre américain, la possibilité aussi de tenir des négociations prolongées à huis clos pour cette affaire d’envergure mondiale, ont présidé au choix de Rambouillet. Avec la Réunion de Rambouillet sur le Kosovo, ce sont des semaines d’effervescence sans précédent dans l’histoire de la cité présidentielle.


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Château






Hôtel des postes - Une fière allure !

Au terme de six mois de travaux de ravalement de ses façades - entre juillet et décembre derniers -

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