Groussay est-il le quartier le plus ancien de Rambouillet ?
Sans nul doute avec le cœur de ville. Il a fait l’objet d’une opération de rénovation engagée en 1958 et qui s’est prolongée jusque dans les années 1985. Constitué de maisons basses, tout cet îlot alors vétuste a été reconstruit de bâtiments plus élevés, de quatre à sept étages, et regroupant environ 450 logements. Quelques maisons anciennes demeurent : devant le Quartier Estienne et, à l’entrée de la ville, près de la Grille de Versailles d’où l’on peut voir l’Octroi. Certaines sont réhabilitées dans le cadre des opérations d’amélioration de l’habitat initiées par la ville depuis dix ans.
De 1970 à 1986, puis de 2001 à 2006, le Centre hospitalier, inauguré en 1933, s’est développé et rénové en bordure des rues Pasteur et Pierre et Marie Curie, ce fut aussi l’école maternelle de la Gommerie. Autour de la rue Antoinette Vernes et de la Butte de Misère, 532 logements en collectifs ont été réalisés par le Foyer pour tous.
Une opération de démolition d’un immeuble et la construction de « Blanche de Castille » en 1994 s’est inscrite dans un projet de restructuration et de requalification du quartier de Groussay à l’image de la réalisation de la zone d’aménagement de la Prairie : 22 pavillons et 20 logements collectifs sociaux, ou de l’aménagement de la place Saint-Louis.
GROUSSAY ET PROVIDENCE
Deux ensembles urbains répertoriés au titre de la zone de protection du patrimoine architectural, urbain et paysager (ZPPAUP) :
Groussay :
Il s’agit de la plus ancienne entrée de ville depuis la « route de Paris » par la superbe grille de Versailles et longtemps le quartier Estienne a ét au cÅ“ur de l’activité du quartier où s’est progressivement implanté un petit noyau commercial : une pharmacie, une supérette, un boulanger, des restaurants, un bar-tabac, l’hôtel des ventes, un marchand de vin et, non loin, les jardins familiaux.
La Providence :
Cette partie ne constitue pas une entité urbaine mais un élément dit de « site sensible » et donc particulièrement protégé. Les habitations à flanc de pente, entre la rue de la Motte et la rue Dechy, et les fronts bâtis de cette même rue sont en visibilité directe sur le parc du château.
UN SITE PAYSAGER REPERTORIE AU TITRE DE LA ZPPAUP
Grille de Versailles – Les Marnières :
Deux entités paysagères : la route de Versailles qui conduit de la RN.10 à la grille du Parc du Château, et la zone naturelle des Marnières à l’Est de cette route. Les Marnières sont des terrains naturels en grande partie exploités en réserve agricole pour l’élevage, et en partie en prairie naturelle. Le ru du Moulinet détrempe les fonds des petits vallonnements creusés dans la roche sédimentaire argileuse (la marne) par son lit. On y remarque la présence d’une végétation sauvage et parfois de sangliers ! Sans oublier le troupeau de vaches et de veaux de la ferme Clinard et une grande prairie qui, fauchée, sent bon le foin coupé en juin !
LES EQUIPEMENTS
La scolarité :
trois écoles, un institut de formation
écoles maternelles Dreyfus (55 élèves) et de la Gommerie (110 élèves)
école d’enseignement privé hors contrat primaire Jacynthe et François
institut de formation en soins infirmiers de l’hôpital
et à proximité, Foch pour les élèves de primaire
Les sports et loisirs :
trois terrains de foot, deux en stabilisé, un en herbe
deux terrains de basket
une plaine de jeux
un terrain de pétanque
une piste de bi-cross
une salle polyvalente, la salle Antoinette Vernes
la Salle Patenôtre, toute proche
près de l’octroi, un club de poneys.
Les services publics :
le commissariat à l’armée de terre
l’Office National des Forêts
le centre hospitalier
la gendarmerie nationale
l’Hôtel de police
le conservatoire intercommunal installé dans l’ancien hôtel de la Motte
Les accueils :
l’accueil des petits, des adolescents et des aînés
la crèche des lutins et ses soixante berceaux
les ateliers de quartier RAJ et un cyber espace place Saint-Louis
l’établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes « Les patios d’Angennes »
En cours de construction, rue Antoinette Vernes :
Une résidence étudiante qui pourra notamment accueillir les élèves infirmières de l’hôpital. Construite et gérée par la Société d’économie mixte immobilière de Rambouillet (SEMIR), en liaison avec le service habitat de la mairie, cette résidence comportera 80 studios.
RUES ET SQUARE : UN PEU D’HISTOIRE…
Rue de Groussay : c’est la première rue de Rambouillet. Elle emprunte son nom au dit fief de « Groussay. Elle constituait, à l’origine la route de Paris à Chartres.
Rue des marais : porte bien son nom puisque « Groussay » signifie, en gaulois, lieu marécageux.
Rue du Quai de l’étang : elle longeait l’étang transformé en lavoir.
Rue d’Angennes : cette rue rend hommage aux d’Angennes qui furent propriétaires du château et du fief de Groussay entre 1384 et 1665.
Rue Delorme : autrefois située dans le bas du quartier, cette rue partait delà rue de Groussay (actuel numéro 22) pour arriver au lavoir. De « de l’Orme », elle devint Delorme au début du XXe siècle, rendant sans doute hommage à Maître Delorme qui fut maire de la ville sous Napoléon puis sous-préfet pendant les règnes de Louis XVIII et Charles X. À moins qu’elle n’ait été ainsi baptisée en souvenir du Maître palefrenier « Delorme » qui construisit en 1787 le chenil du Comte d’Artois.
Square Coty : il fut dénommé ainsi en 1958 en hommage au Président René Coty et à son épouse, décédée au château.
Rue Ferdinand Dreyfus : Homme politique, avocat à la Cour d’appel de Paris, Conseiller général, député de 1880 à 1885 et sénateur d Seine et Oise en 1909, Ferdinand Dreyfus (1849-1915) est l’auteur de nombreux ouvrages et l’un des initiateurs de l’enseignement professionnel.
L’HOTEL DE LA MOTTE
C’est sur l’ancien “étang de Groussay”, asséché et devenu “prairie” vers 1785, que Louis XVI, nouveau propriétaire du domaine, fait don d’un terrain à Jean Marquet pour y construire les écuries et logements de sa garde royale.
En 1818, la propriété est vendue à Bernard d’Orliac, receveur particulier des finances, qui décide d’en faire un hôtel particulier. En achetant deux parcelles supplémentaires, le jardin devient parc.
En 1821, il vend l’hôtel à Louis Le Marois qui, à son tour, le cédera, en 1836, à Charles-Joseph Deshayes, commissaire-priseur, dont la fille Marie-Caroline épouse Félix-Alexandre Constant Mausquet de la Motte (1803-1883) qui sera maire de Rambouillet entre 1853 et 1878.
En 1953, Jacqueline Thome-Patenôtre, sénateur-maire de la ville, acquiert l’ensemble avec l’intention d’y réaliser un établissement scolaire. Le projet capote mais sauve l’hôtel de la destruction.
Entre 1955 et 1997, l’association familiale ouvrière des Yvelines gère les lieux convertis en une maison familiale.
Propriété de la ville depuis 1998, cet immeuble situé dans une superbe cour pavée, est répertorié « immeuble à conserver en totalité » dans la Zone de Protection du Patrimoine Architectural, Urbain et Paysager (ZPPAUP). Entièrement paysagé et doté d’une aire de jeux pour enfants, son parc a fait l’objet d’une totale restauration en 2000.
Entamée en 2003, la restauration de l’Hôtel de la Motte a conduit en 2005 à l’inauguration du Conservatoire de musique, danse et art dramatique désormais installé dans ses locaux.
Son jardin auquel on accède par la rue Maurice Dechy est ouvert aux familles de 11h à 19h30 en été et de 11h à 17h30 en hiver.
LE QUARTIER GENERAL ESTIENNE
À l’origine de ce quartier :
Celui de la “Vénerie”, un bâtiment construit en 1786 à la demande de Louis XVI afin de servir de dépendances aux écuries du château. À l’époque, ces dépendances s’ouvraient sur la forêt afin de permettre aux équipages de chasse de se rassembler, d’où cette référence à la vénerie.
Quelques années plus tard, sous le règne de Louis-Philippe, la “Vénerie”, agrandie, devenait une caserne et accueillait le 1er régiment de lanciers. C’était le premier régiment à tenir garnison sur le site.
Suivirent, tous les deux ans, des régiments de lanciers, de dragons, de chasseurs, de cuirassiers ou encore de hussards, en un mot des régiments appartenant tous à la cavalerie.
Ce n’est qu’en 1902 que s’installait le premier régiment rendu célèbre pour sa longévité à Rambouillet : le 12e régiment de cuirassiers.
En 1919, le 1er régiment de hussards lui succédait. Pendant la débâcle de la seconde guerre mondiale, les Allemands occuperont le quartier où s’installera ensuite, en 1946 et jusqu’au 31 août 1994, le fameux 501e RCC que commanderont une vingtaine de colonels successifs. Et c’est un peu avant les années 50, que le quartier perdra son nom de la “Vénerie” pour prendre celui du “père” du char de combat français : le général Estienne.
Depuis le 31 août 1994, le Commissariat de l’armée de terre a progressivement accueilli l’ensemble de ses organismes centraux sur ce site.
La fête de la Saint-Louis samedi 1er et dimanche 2 septembre :
C’est à la seconde moitié du 18e siècle que remonte cette fête. À cette époque, détenteur de « l’ordre de Saint-Louis », le duc de Penthièvre qui possède et habite le château de Rambouillet, rachète dans l’ancienne église Saint-Lubin, une chapelle édifiée en hommage à Saint-Louis. Chaque année, il y fait dresser de superbes reposoirs et, le 25 août, une procession suivie d’une grand-messe donne lieu à des festivités.
Après la démolition de l’ancienne église, en 1872, une statuette de Saint-Louis, provenant de la chapelle, a été placée dans le quartier de Groussay. Elle y est toujours.
Et chaque année, les habitants du quartier perpétuent la tradition de célébrer le Saint Patron de Groussay.