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Tribune de septembre 2018 – Parution dans le Rambouillet Infos n°307 –

 

Les services techniques de Rambouillet

À nos critiques des services techniques, Monsieur le Maire répond Invariablement que ceux-ci sont «  excellents  » (sic). Deux affaires récentes ont mis en évidence de graves carences d’organisation et de compétences dans ces services, sinon de leadership à la Mairie.
1°) Notre contrôle d’un marché de taillage des haies, d’arbustes, de fauchage des fossés de la commune, a démontré qu’une partie d’un marché de 90 000 € avait été attribuée à la société PINSON PAYSAGES SAS pour faucher des fossés qui n’existaient pas, ou plus, et ce depuis longtemps, tout comme pour ne pas tailler des haies qui masquaient entièrement les panneaux de signalisation routière à la sortie de la ville, en direction de Vieille Église et empiétaient sur la piste cyclable. Cette situation aussi ubuesque qu’inutilement coûteuse résulte, selon nous, de l’absence d’un responsable pour chaque quartier de la ville, d’où l’absence de suivi et de contrôle. Personne de ces «  excellents  » services ne s’est rendu sur le terrain avant nous-mêmes pour vérifier la réalité du besoin et, vraisemblablement, le cahier des charges était recopié par routine sur celui d’un marché très antérieur, vu la grande épaisseur des haies.
2°) Dans la torpeur du mois d’août, les habitants du Pâtis et de Château Bazin ont eu la surprise de recevoir dans leurs boîtes aux lettres un «  Avis  » de la société POLUDIAG intitulé : «  Visite domiciliaire des raccordements aux réseaux publics d’assainissement pour test au colorant  ». Cette simple photocopie, tout de même revêtue de la mention : «  République Française  » des logos de la Ville, du Parc Régional, des Villes de pays d’Art et d’Histoire, avait de quoi susciter la méfiance, car de nombreux logements avaient déjà été contrôlés par la Société VEOLIA, attributaire du marché de l’assainissement. De plus, en cas d’absence du domicile entre le 20 et le 31 août, il y était écrit de contacter la société POLUDIAG pour un nouveau rendez-vous. Cette affaire pouvait être interprétée, à juste titre, comme une arnaque ou une tentative de cambriolage en l’absence des occupants. Une habitante du Pâtis, Mme B. déjà contrôlée il y a deux ans, a tenté d’avoir des explications auprès du cabinet du maire qui s’est montré totalement ignorant de cette affaire, a demandé la transmission par mail de «  l’avis  » de POLUDIAG, puis l’a dirigée vers les services techniques, lesquels lui dirent qu’elle aurait dû contacter la société VEOLIA, dont ils lui ont communiqué le numéro de téléphone. Surprise : ce numéro était celui de la société SUEZ, qui a le marché de l’eau potable et non de l’assainissement et qui ignorait tout, évidemment, de l’affaire. Il s’ensuivit un second appel aux services techniques, un second envoi de «  l’avis  », un second numéro de téléphone de VEOLIA, cette fois erroné. Mme B. réussit à joindre par elle-même VEOLIA qui ne connaissait pas cet «  avis  » de POLUDIAG, demandait des délais pour se renseigner, et ne l’a jamais rappelée. Un mail de Mme B, adressé le 24 août au cabinet du maire et aux services techniques pour avoir des explications est resté à ce jour sans réponse de ce service. Le responsable de cette affaire étant en vacances, ses consignes et tâches en cours n’ont pas été transmises à son remplaçant, et tant pis pour la continuité du service public.
Selon notre enquête, la société POLUDIAG a été chargée d’effectuer des contrôles des raccordements privés dans ces deux quartiers où il y aurait des anomalies de branchements. Mais les «  excellents  » services techniques ne lui ont pas communiqué la liste des contrôles déjà effectués par VEOLIA… Il en est résulté ces «  doublons  » révélateurs d’une inorganisation des dits excellents services et un certain énervement des riverains de ces deux quartiers qui paient de leurs impôts des contrôles inutiles. Quant au «  service de communication  » de la Ville, fort de 8 emplois permanents, il a brillé par l’absence d’ «  information  » des riverains de ces deux quartiers, d’autant plus qu’il n’avait vraisemblablement pas été averti de l’opération.
Si vous ne le saviez pas, la «  communication  » est au service du maire et de la municipalité, tandis que «  l’information  » est au service des citoyens. Nuance !
Tous ces «  dysfonctionnements  » ne font que mettre en évidence l’absence de contrôle interne des services de la mairie que nous réclamons en conseil municipal. Faute d’un tel contrôle, Il ne reste plus qu’à afficher au fronton de services techniques la devise de l’Abbaye de Thélème, chère à Rabelais : «  Fais ce que voudras.  »

Grégoire Leclercq.
Charles Henri Dunoyer de Noirmont.
Conseillers municipaux de la liste : «  Rambouillet pour tous  »

Tribune de mai 2018 – Parution dans le Rambouillet Infos n°305 –

 

Les travaux d’assainissement de Rambouillet, ou comment ne pas passer de la parole aux actes

La station d’épuration de «  la Guéville  » située à Gazeran qui recueille les eaux usées de Rambouillet, Gazeran et Vieille-Église est âgée et sous-dimensionnée. L’augmentation de la population de Rambouillet voulue et encouragée par l’actuelle municipalité à travers un programme de constructions de 150 logements par an (cible 30 000 habitants en 2020) ne fera qu’aggraver un peu plus ce constat, même si elle procurera des recettes fiscales à terme.

La capacité de traitement des eaux usées est ainsi devenue insuffisante, et les rejets ne sont plus en conformité avec la législation, comme rappelé plusieurs fois en 2014 par l’Agence de l’Eau Seine Normandie. Les eaux de pluie, qui normalement n’ont pas à y être traitées, viennent s’ajouter aux eaux usées car le réseau d’assainissement de Rambouillet est hétérogène : séparatif à la Clairière, mais unitaire en ville, il produit un mélange des eaux en bout de réseau. En cas de grandes précipitations pluvieuses, la station déborde et pollue la rivière de «  la Guéville  » en aval.

Un projet de reconstruction de la station d’épuration est à l’étude depuis fin 2015 et devrait être lancé fin 2018. Son devis s’établit à 23 millions d’Euros, la fin des travaux étant prévue pour 2021, date au-delà de laquelle la Commission européenne prendra des sanctions financières à l’encontre de la ville…
Le «  Schéma directeur de l’Assainissement  » (SDA), dans son rapport définitif de Phase 1 de septembre 2017 rendu par la société «  Artémia  » a identifié de nombreux «  points noirs  ».

«  L’Égout de Muller  » est notamment pointé du doigt. Il s’agit d’un ancien cours d’eau canalisé recueillant les eaux pluviales passant sous Groussay pour aboutir dans le parc du Château. Il est grandement responsable de l’inondation de ce quartier en mai 2016 car son diamètre de 600 ne permet qu’un débit de 0,3 m3/s, à peine suffisant en hiver, à comparer avec le débit de pointe de 3,15 m3/s observé le 31 mai 2016. La préconisation majeure du rapport est le renforcement du débit de l’égout par des canalisations de plus grand diamètre, pour un coût estimé à 2 800 000 € en 2017. À quand les travaux ?

Mais surtout, ce rapport dresse un bilan accablant pour la municipalité : sur la liste de 14 travaux importants préconisés en 2006, seuls deux ont été réalisés : à la station d’épuration et dans la ZAC de Bel-Air. À Groussay, les travaux prévus n’ont été réalisés que partiellement : un bassin de retenue et une zone de stockage des eaux pluviales en cas de saturation de «  l’Égout de Muller  », ce qui ne règle pas l’insuffisance de son débit.

Or, les documents d’orientation budgétaires (DOB) depuis 2014, année de l’élection du maire, montrent une absence flagrante d’entretien du réseau d’assainissement :
• le taux de renouvellement des canalisations est de 0 %
• les crédits prévus annuellement et disponibles ne sont pas entièrement consommés.
D’où nos questions : Pourquoi cette incurie qui dure depuis 2006 ? Pourquoi augmenter les impôts s’ils ne sont pas consommés ? Nous attendons des actes, et non des paroles !

Grégoire Leclercq.
Charles Henri Dunoyer de Noirmont.
Conseillers municipaux de la liste : «  Rambouillet pour tous  »

Tableau des travaux préconisés dans le SDA de 2006 consultable sur le site www.rambouillet-pour-tous.fr

Tribune de mars 2018 – Parution dans le Rambouillet Infos n°302 –

 

Enquête sur les marchés publics relatifs aux travaux du quartier de Beausoleil

 

Les travaux entrepris dans le quartier de Beausoleil dès 2014 avaient pour but de mettre en système séparatif le réseau d’assainissement : Les eaux pluviales d’une part, le réseau des eaux usées d’autre part. De plus, il avait été prévu de profiter de ces travaux pour enfouir les réseaux aériens existants : Câbles de téléphone, d’électricité, ainsi que la réhabilitation du réseau d’eau potable. Ces travaux concernaient à l’origine la totalité du quartier, découpé en trois «  phases  », ou sous-secteurs : Phase 1 : Rue Madame de Maintenon, Rue de la Duchesse d’Uzès (partiel), Rue François Rabelais, Rue Clément Hue, Rue des Yvelines, Rue de Montorgueil.
Phase 2 : Rue de Montorgueil, Rue de la Duchesse d’Uzès (partie 2) Rue de Chevreuse.
Phase 3 : Rue Madame de Maintenon, Rue de Dourdan, Rue Florian, Rue de Limours.
L’ensemble des travaux a été organisé de la manière suivante : La Mairie assurait la maîtrise d’ouvrage d’ensemble de toute l’opération et procédait à la passation de quelque 5 marchés publics.
La mairie n’a pas cru bon de passer un marché d’«  assistance à la maîtrise d’ouvrage  », les services techniques de la ville ont donc mené seuls cette mission délicate, compte tenu de la complexité des travaux et des marchés. L’entreprise BE TECHNIROUTE assurait la maîtrise d’œuvre d’infrastructure pour les travaux de requalification du quartier de Beausoleil. 5 marchés ont été notifiés, dont un à quatre lots, un autre à trois bons de commande.
Le marché de travaux le plus important, sur le domaine public, était lui-même alloti en 4 lots :
Lot 1 et 3 : EUROVIA pour les VRD et l’assainissement ; Lot 2 : SATELEC pour l’enfouissement des réseaux électrique de France Télécom ; LOT 3 : SEIP IdfF pour l’eau potable.
Le marché de travaux de mise en séparatif de l’assainissement sur le domaine privé a été attribué à PIGEON TP IDF.
Faute d’avoir eu la prudence de notifier un marché d’étude du sous-sol des rues du quartier de Beausoleil préalablement au lancement des travaux et du fait de l’absence de conseils du maître d’œuvre sur les risques encourus, la mairie et l’entreprise EUROVIA se sont heurtées à un sous-sol d’une consistance telle qu’il a fallu modifier profondément la consistance, l’étendue et le calendrier des travaux. De plus, l’entreprise a découvert que des branchements d’assainissement étaient garnis d’amiante, matière dont la manipulation requiert des précautions importantes. Comme toujours en pareil cas, les avenants aux marchés en cours d’exécution ont été négociés avec des entreprises en position de force, qui en profitent pour majorer les prix et les marges. À ce jour, pas moins de 7 avenants ont été notifiés, dont 3 pour le seul lot N° 3 du marché 2013 M 10 pour l’assainissement.
Au résultat et à ce jour, les travaux de la seule «  Phase 1  » ont consommé la quasi-totalité des crédits affectés aux travaux des trois phases prévues initialement. L’augmentation du coût de la seule Phase 1 est passée de 5,1 millions à près de 7,8 millions d’Euros, soit une augmentation de près de 50 % et celle des délais de l’ordre de deux ans.

Les conseillers municipaux de la liste «  Rambouillet pour tous  » ont mené une étude des documents officiels relatifs à ces marchés et vous en proposent la lecture, édifiante, sur le lien suivant : rambouillet-pour-tous.fr

Grégoire Leclerc
Charles-Henri Dunoyer de Noirmont